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Sos homophobie enregistre une hausse des actes homophobes pour l’année 2016

 

Le rapport annuel de SOS homophobie téléchargeable gratuitement ici, montre une hausse des actes homophobes en 2016, par apport à 2015, même si globalement celle-ci est en baisse depuis dix ans.

Mais l’on pourrait paraphraser Simone de Beauvoir qui disait  “N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant” et ajouter au mot femmes, les mots “lesbiennes, gays bi & trans”, tant les droits des femmes, même hétéros, sont indissociables du droit à l’existence des minorités sexuelles.  Pour en savoir plus sur SOS homophobie, cette super assos qui fait un boulot formidable y compris en Paca, rendez vous ici...

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mars 2017

Ce samedi 11 février à Bruxelles, le collectif « Reclaim The Night » organisait une marche pacifiste pour « se réapproprier la rue la nuit contre les violences sexistes ». Les manifestantes ont été victimes de violences policières. Joëlle Sambi Nzeba, membre du  mouvement des Femmes Prévoyantes Socialistes de Belgique était présente ce soir-là. Nous reproduisons un extrait de son témoignage que vous trouverez en entier en cliquant ici .

« Et soudain, tout bascule » : manifestation féministe et violences policières

(…) Le cortège d’environ 150 femmes et personnes trans arrive joyeux au croisement de la rue de l’Étuve et des Grands Carmes devant le Manneken Pis. Je suis toujours avec quelques autres à l’arrière, nous fermons la marche, histoire de continuer à veiller à ce qu’aucun. e. s de nous ne reste seule ou se fasse embêter. Nous faisons nombre et c’est gai. Je regarde au loin, la rue du midi en me disant : « Et si finalement nous pouvions pour une fois circuler tranquilles ? Nous tenir la main ? Sensibiliser en chantant et finir cette nuit avec le sentiment d’avoir construit un petit quelque chose pour faire avancer nos diversités occultées ? Nos intersections bien en peine ? ».

Il y a dans la foule quelques personnes noires comme moi. Ça fait plaisir. Vraiment. Le début du cortège en fanfare va bientôt déboucher sur la rue du midi. Soudain, des pas dans mon dos, j’ai à peine le temps de me retourner que deux hommes me dépassent en courant et se précipitent sur deux copines à quelques mètres devant moi. Le premier plaque violemment au sol une des filles, le deuxième balance la seconde contre une voiture. Et là, tout bascule. Le premier homme est littéralement couché sur la fille qui se débat. Nous étions préparé.e.s à devoir écarter les potentielles agressions, toujours à coups de « dégage » comme le montre si bien les médias, mais ce qui se passait était d’un violence telle que nous ne pouvions pas rester là à ne rien faire. Avec d’autres, je me précipite pour aider et dégager la fille au sol. J’attrape une jambe et je tire. C’est la confusion. Finalement, nous parvenons à les défaire de l’emprise de cet agresseur.

Et là, sans sommation aucune, l’homme au blouson brun et bonnet vert, sort sa matraque, charge dans la foule et frappe. C’est violent, disproportionné, effrayant. J’ai peur. Il charge dans notre direction, je tremble et ça m’effraie encore plus. Je ne comprends pas la folie de ce qui se passe, les cris, les hurlements. L’homme fonce sur nous et frappe dans la foule avec sa matraque. Alors je sors mon smartphone pour filmer parce que j’ai tout lu, tout vu et tout entendu sur Black Lives Matter, Lavish Reynolds, Stop the killings, Théo, Adama Traoré, Naithy et tant d’autres…
Parce que je savais que le lendemain, chacun irait de son commentaire, que beaucoup auront un avis sur la question. Que le lendemain, cette marche serait commentée, raillée et surtout rapportée de manière erronée par les médias. Demain, on nous reprochera d’avoir provoqué, d’être à la base de, de ne pas avoir assez ci ou fait trop peu ça. Un peu comme on reproche à la victime de viol de porter une mini-jupe dans les rues de Bruxelles.

Sous mes yeux, sous nos centaines de paires d’yeux la fête avait viré au cauchemar. Littéralement. Alors je filme cet homme qui frappe de grands coups. Il frappe indifféremment, nous insulte et frappe avec une violence inouïe nos corps à sa disposition. Alors nous nous rassemblons et crions en meute « dégage ». Nous sommes blessées, furieuses, en rage. Nous lui crions d’arrêter, mais il n’arrête pas. Nous crions « dégage », mais il ne dégage pas. Nous scandons « violences policières » et lâchons des hurlements de louve. Et lui, il frappe. Et moi, je filme, me protège quand il fonce sur moi. Les copines me tirent vers l’arrière et quand il m’oublie, je me rapproche et filme chacun de ses gestes de plus près pour ne rien perdre, pour qu’ils ne disent pas que nous avons joué la provocation. Nos colères ont beau être immenses, elles ne serviront pas à nourrir le système. 

Un policier à ses côtés parle dans son talkie-walkie. En moins de 5 minutes, nous sommes entourées de policiers. Ceux qui arrivent par la rue de L’Etuve, une douzaine (?) font mine de charger. Nous reculons. Nous nous tenons toutes bras dessus bras dessous et reculons vers la rue du midi déjà envahie par des camionnettes de police. De part et d’autre de la rue, les fourgonnettes de la police bloquent et nous nous retrouvons coincées entre des rangées de flics armés jusqu’aux dents (boucliers, matraques, bombe lacrymo…).

Les minutes passent. On se sert et on chante pour se calmer. On se prend dans les bras, on s’assure les un.e.s les autres que tout va bien. On chante et on attend. Quelques-unes d’entre nous parlent avec les policiers et demandent à ce qu’ils nous laissent passer, rien n’y fait. Certain.e.s sont sérieusement touché.e.s mais nous faisons bloc. Le barrage se resserre nous sommes coincé.es entre deux cordons de flics qui nous insultent à cœur joie. Finalement, un policier annonce que si nous acceptons de passer le barrage deux par deux en montrant nos documents d’identité, ils nous laisseront repartir sans aucun problème. « Comme des fifilles » rigole l’un d’entre eux. Alors, je me rends compte que ça les amuse, un samedi soir à Bruxelles, il ne doit pas y avoir grand-chose à faire d’autre que de taper sur des féministes pacifiques. Je repense à cette vidéo sur le désœuvrement de la police à qui l’État vend du rêve et de l’action. Je me dis que ce soir, ils ont trouvé de quoi faire « récréation ».
Dans le groupe, les mots se passent : celles qui le souhaitent peuvent sortir du groupe. C’est bienveillant et sans jugement. D’autres disent qu’elles sont sans-papiers. Alors, après concertation, nous décidons de rester pour elles aussi, et parce que celles qui sortent sont emmenées hors de notre champ de vision (embarquées ?) et que c’est du pipeau, du chantage et pas vraiment de la négociation.

Les minutes s’écoulent et la police resserre son étau, nous sommes une centaine coincée entre les boucliers et les matraques. Et là, ils nous compressent encore plus. Certain.e.s ont du mal à respirer. Les gens depuis leur balcon filment, certains rient. Nous ne pouvons ni reculer ni avancer, nous sommes à la merci de flics bloqués sur le mode offensif, agressif et injurieux. On se serre bras dessus, bras dessous. Les minutes s’écoulent puis ils chargent violemment : la première rangée de policiers coince ses boucliers contre les filles tout devant, les plus grands derrière eux allongent le bras pour frapper dans le tas tandis que quelques autres tentent d’extirper l’une de nous du groupe. Ca crie, hurle, ça pousse et eux ? Et bien eux, ils frappent toujours plus fort : la tête, les épaules, les bras. À coup de matraque. On se protège et on repousse. Les insultes fusent et les menaces se multiplient, les intimidations aussi. Mais aucun.e.s de nous n’est prêt.e.s à se laisser faire. Quand enfin ils parviennent à en sortir une, ça se calme quelques minutes puis ça repart.

On restera là pendant près de 2 h 30 dans le froid au milieu des insultes et des provocations. Le même manège, la même confrontation violente, tout le temps. De l’autre côté de la rue, sur la rue du Midi devant la mutualité, les militant.e.s relâché.e.s se massent et crient pour nous soutenir, d’autres, alerté.e.s par les réseaux sociaux ont rejoint la foule. Là aussi, une rangée de boucliers et de matraques fait face aux manifestant.e.s.

Les flics nous sortent une par une violemment. Quand arrive mon tour, c’est une femme qui m’emmène de l’autre côté du mur, hors de la vue de mes camarades. Elle me demande de vider mes poches, elle est plutôt calme et me dit : « j’ai honte d’être une femme aujourd’hui ». Je lui dis qu’elle devrait plutôt avoir honte de participer à ces actions violentes. Sa collègue moins dans la discussion me colle quasi le visage contre le mur quand j’interviens parce qu’elle vient littéralement de jeter à terre une des manifestant.es. en état de choc. Finalement, je suis relâchée et je rejoins les autres, au-delà du barrage pour attendre. Nous ne partirons que lorsque la toute dernière d’entre nous sera relâchée. En attendant, nous restons là. Celui qui apparaît être le chef du groupe ordonne au cordon d’avancer d’un mètre afin de nous empêcher de voir ce qui se passe avec celles restées dans rue des Grands Carmes. Finalement, nous pourrons tous.t.es repartir. Non sans coups, vexations, luxations et pour ma part, quelques bleus et beaucoup de rage.

Mardi 14 février, je finis ce texte. Je les ai lus, vu et entendu les commentaires, les « Ah oui, mais cette manifestation n’était pas autorisée ! », les « un samedi soir en période de menace 3 dans la zone interdite de manif, c’est un peu provoc’ non ? », les « des féministes elles ? Des dégénérées oui ! », les « elles parlent de pro-choix et acceptent dans leur rang des femmes qui portent le foulard ! ». J’ai tout entendu, tout lu, et je me suis demandé s’il est possible de dénoncer les violences conjugales et ne pas se mobiliser contre les violences policières ? S’il est possible de déconstruire les mécanismes de domination, mais pas les rhétoriques et les procédés qui délégitiment toutes les tentatives des plus faibles d’entre nous à réagir en dehors du cadre fixé par les oppresseurs ? S’il est possible pointer du doigt la solidarité des femmes et des personnes trans, mais pas de critiquer celle de dominants entre eux, qui permet de priver une partie de la population de ses droits les plus élémentaires ? (… pour voir le témoignage en entier cliquer ici)

Joëlle Sambi Nzeba – Responsable communication – Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS)

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Alerte homophobie  !

 Deux jeunes femmes soupçonné d’avoir volé un fromage dans un super marché de Montpellier ont  été  témoigné avoir été très violemment agressées physiquement avec des propos homophobes et transphobes. Plus d‘infos ici et ici  .

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